TRADUIT PAR MANDI GUEGUEN
Publié dans la presse : 11 septembre 2004
Mise en ligne : lundi 13 septembre 2004
Le dernier rapport du Fond Monétaire International constate l’irrégularitédes constructions immobilières en Albanie. Les manquements aux normes et àla législation en vigueur pourraient engendrer des catastrophes réelles encas d’événements sismiques. Les architectes et les propriétaires desimmeubles en question ignorent les avertissements. La loi du profit immédiatprime encore une fois.
Par Viron Gjymshana
Le dernier rapport du FMI tire la sonnette d’alarme sur le fait que « lesentrepreneurs en bâtiment construisent des châteaux de cartes sans respecterla moindre norme antisismique ». 8 000 des quelques 17 000 nouvellesconstructions que compte la capitale risquent de s’effondrer en cas desecousses sismiques.Edi Rama, le maire de Tirana semble devoir revenir aux méthodes radicales dupassé, en démolissant les six étages construits sans permis dans un immeublede la capitale. Le rythme effréné de nouvelles constructions à Tirana cesdernières années a réjoui les gouvernements successifs, même si elles n’ontrespecté aucune planimétrie ou projet urbanistique. La démolition deskiosques et de quelques immeubles de la capitale, ordonnée par le Maire EdiRama, avait provoqué à l’époque de vives réactions au sein de la classepolitique albanaise.Tirana est cependant bien plus belle qu’à l’époque des invasions deskiosques et autres immeubles. L’initiative du maire coïncide avec unavertissement lancé par le FMI, qui attire l’attention sur le danger quereprésentent ces constructions pour les habitants de Tirana en cas detremblement de terre.« Le secteur du bâtiment est une activité en plein essor en Albanie, or enespérant le bénéfice maximal et en ignorant les normes de sécurité, lesentrepreneurs mettent en danger la vie de milliers de personnes », écrit lerapport du FMI.Selon l’institution internationale, 60% des immeubles construits lesdernières années ne tiennent compte d’aucune norme de contrôle technique.« À Tirana, par exemple, 8 000 immeubles récents sont menacés d’effondrementen cas de tremblement de terre, puisque leurs constructeurs ne veulent pasprendre en compte les paramètres de sécurité. Parmi plus de millesentreprises de bâtiment qui oeuvrent actuellement en Albanie, moins de 400possèdent la documentation et l’expérience nécessaires concernant le respectdes normes et de la législation sur la construction », signale le mêmerapport.En effet, selon les données locales, le secteur de la construction enAlbanie connaît une croissance annuelle aux alentours de 8 à 11%, deux foisplus que la croissance économique générale. Or, il semble bien que cedéveloppement aussi, comme beaucoup d’autres en Albanie, profite desactivités illégales.

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